2002, c'était sûr, c'était la triste conséquence du désengagement civique. Les jeunes blasés, ceux qui préféraient regarder le match de foot, ceux qui étaient parti en week-end, c'était leur vote
qui aurait pu nous éviter le cataclysme.
Mais 2007 est passé par là. Et ces 84% d'électeurs actifs n'ont pas évité un vote sinon au pire, au moins très fortement nationaliste, orientation qui en 2002 emplit la république-Nation
d'une indignation horrifiée.
On peut invoquer une stratégie du PS pour le moins risquée, sinon kamikaze, ce qui expliquerait l'échec de Ségolène au deuxième tour. On peut. Mais comment expliquer que la gauche
tous partis confondus ait fait aussi peu de voix ? Malgré la mobilisation des jeunes, majoritairement de gauche d'après les sondages, ceux des banlieues promis au Karcher. Malgré un bilan négatif
de ces 5 voire 10 ans de droite, qualifié comme tel par celui là même qu'on nous avons élu, et qui faisait pourtant partie du gouvernement incriminé. Prônant en toute absurdité la rupture,
d'avec un pouvoir dont il est le parfait héritier.
L'UMP est élue, c'est à dire l'un des partis ayant le moins d'impératif écologiques, après la soi-disante toute nouvelle et très forte sensibilisation de l'opinion publique à ce sujet.
Un Sarkozy au gouvernement après un non massif à la constitution européenne, rejet qu'on aurait aimé voir respecté, analysé au moins, qui portait en lui la voix d'un certain refus du libéralisme,
au moins pour partie.
Encore plus paradoxal, cette abstention aux législatives après avoir chanté le retour au civisme et clamée le retour de la passion pour la politique.
Votez qu'ils disaient, inscrivez vous, vous allez voir ce que vous allez voir, ça va tout changer. C'est sûr ça a changé. La droite décomplexée, une vraie droite, qui a une politique de droite avec
des valeurs de droite.
.
C'était un mensonge aussi, il ne suffit pas de voter, de se demander deux semaines tous les cinq ans ce qui peut bien se passer du côté des lois, de s'étonner d'avoir discuté politique à la pause
café au boulot.
Ca ne suffit pas. La politique c'est tous les jours, tout le temps, ça concerne tout : nos conditions de travail, oui,mais aussi cette école miteuse, la rue pas nettoyée, le prix de l'immobilier,
nos vacances en Irak reportées depuis la saint-glin-glin.
Ou alors, la France est un pays de droite avec des gens de droite. Et c'est "respecter les français" que de leur accorder ça. Et à vrai dire, c'est finalement réconfortant. Car penser que ceux qui
ont voté ne se sont pas rendus compte de ce qu'ils faisaient est terrifiant. J'aimerais que quand le code du travail sera cassé, la sécurité sociale, un chapître d'histoire, le congé maternité, une
utopie, j'aimerais que les gens se souviennent qu'ils ont voté pour ça.